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Europe du Nord

Jeudi 17 août 2006

Ce matin la moto devrait être réparée, enfin ! :) J'apelle à 10h00 mais ce n'est pas encore prêt, ils me disent d'appeler à 12h00. Même si mon genou me fait encore mal, je me sens d'attaque pour repartir pour Trondheim... En attendant des nouvelles du garage, je pars refaire le plein de linge propre (passionnant, n'est-ce pas)

A 12h00, j'appelle le garage. Ils ont tout réparé ! :D Je préviens donc l'hotel que je pars, même si j'ai un moment d'hésitation : je me sens encore sous le choc, mon genou me fait mal.... Est-ce vraiment une bonne idée ou bien ne devrais-je pas rester un jour de plus ? L'hotesse d'accueil de l'hotel me dit que j'ai 30 mn pour faire mes bagages si je pars, je me décide donc à bouger. J'aime bien Bergen mais j'ai envie de continuer mon périple !

12h30 je récupère donc ma moto. J'ai mis mon pantalon en cuir mais la coque me fait bien mal au niveau de mon genou :-/  Je me dis que je vais faire un tour de la ville tranquillement pour vérifier que tout va bien. Pas facile de conduire en bougeant la jambe gauche le moins possible ! (chaque extension ou flexion me fait bien mal). Ca me surprend une ou deux fois : quand on n'a pas mal on ne se rend pas compte qu'en ville on passe son temps à équilibrer la moto avec les jambes, dès qu'on s'arrête ou qu'on fait une manoeuvre.

Je m'arrête pour manger un bout, puis décide de repartir. Aie, ça fait toujours mal, en plus on m'a dit que les routes à Bergen c'était le bazard : pour aller à un point A, il faut faire un circuit qui fait tout le tour de la ville... Je tourne en rond, un peu paumé. A un carrefour, c'est le bazard, des voitures à droite, à gauche, en face. J'ai hate de sortir de là, Bergen est plus sympathique à pied en fait ! A droite ça ne bouge pas, à gauche non plus, j'avance à 5 km/h et BING, la voiture devant moi s'était arrêtée en plein milieu du carrefour, mon stress m'a fait oublier de regarder devant moi un court instant. Je tape la voiture sur le flanc droit et fais tomber la moto sur la droite. RE-MERDE !!! Je suis maudit ou quoi ? J'aurais mieux fait de suivre mon instinct et de rester l'après-midi plutôt que de me speeder... C'est fou les bêtises qu'on peut faire quand on n'a plus confiance en soi. Le gars veut faire un constat alors que je n'ai que frotté sa peinture, je lui propose un arrangement... Il l'accepte, je tairais à quel prix. Il a profité d'un instant de faiblesse ou bien c'est les tarifs norvégiens, je ne sais pas mais j'ai l'impresson de m'être fait arnaquer.

Le repose pied droit est pété, je décide donc de retourner au garage (c'était de toutes manières la destination prévue vue que mon hotel est juste à côté et que je devais récupérer les affaires). Mais plus j'avance et moins la bécane a de puissance, pour finir par rester comme au point mort, tout le temps. Damned ! Je suis damned. Bon, je la pousse avec mon genou éclaté jusqu'au garage et reviens. "I'm back" dis-je au garagiste, le repose pied dans la main. Il hallucine (lui aussi).

Conclusion : je me casse demain ! Marre de marre. J'appelle l'assurance demain pour savoir quoi faire et si possible je rentre sur Paris, le temps de tout réparer (mon genou et la moto). Je reviendrai "pour des jours meilleurs". Seulement voilà, l'hotel a bien sûr booké ma chambre ! Diable, je vais en plus dormir dehors ? Ca devient vraiment le cauchemard là. J'ai l'idée de rappeler le sympathique Canadien d'hier et je lui demande si on peut partager sa chambre... Ouf, il accepte !

On passe donc le dîner ensemble. Puis on trouve un pub super sympa, bonne musique, jolie vue sur le coucher de soleil.... Pendant qu'il va chercher les boissons, je discute avec ma voisine, qui m'invite à les rejoindre à leur table. On discute ainsi toute la soirée avec Christine et Katrine (prononcer à la Norvégienne : "Katrineuh"). J'essaie de répéter des phrases en norvégien (pas facile !) et Katrine essaie de parler français (pas évident non plus !), je la récompense de bisous pour chaque phrase bien dite (et inversement). Un peu de fun, ça évite que la journée soit totalement ratée... Quelques téquilas plus tards, elles sont toutes les deux bien amochées (ahhhh ces vikings, incorrigibles !!!) et Sylvain et moi décidons de rentrer nous coucher. Une bonne soirée quand même, qui rattrappe cette mémorable journée.

Sylvain et Christine, qui finalement a fini dans les bras d'un Suédois... Désolé Sylvain !!!

Katrine

Par Philippe R
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Vendredi 18 août 2006

10h00 : tel à la MACIF, la nana me dit que comme je n'avais pas voulu d'assitance le jour de l'accident ils ne veulent plus m'aider... Mais me dit que leur correspondant me rappelle...

Je rappelle plus tard, vu que je n'avais pas de nouvelles. Une autre nana (ils sont 2000 à gérer les appels) est beaucou plus gentille et me dit : ok, prenez l'avion pour rentrer à Paris car on ne peut pas vous payer l'hotel pendant le temps de la réparation, par contre on vous paiera le retour. Ouf, je me casse, c'est ce dont j'ai envie, même s'il fait beau... J'ai besoin de reposer mon genou et de cocooner à la maison un peu moi.

Je retourne voir le garagiste, je dis qu'il peut réparer le tout mais que de toutes manières l'assurance va l'appeler. Il me demande de traduire un truc du Français, visiblement il parle un peu Français... Je lui pose quelques questions et apprend qu'avant il était chef cuisinier ! Je vais retrouver un bout de pizza dans ma boîte de vitesse ?! Bon, certes, la bidouille mécanique, c'est plus ou moins de la cuisine après tout...

Je prends l'avion, content de rentrer dans mon "sweet home" jusqu'à des jours meilleurs. Me suis encore fait avoir dans un moment de panique, j'ai payé le billet plein pot :-(

Je survole sûrement la hollande ici, bien nuageuse :

 

Rendez-vous dans je ne sais pas combien de jours pour mon retour là bas afin d'aller chercher la moto.

Par Philippe R
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Mercredi 13 septembre 2006

Le garage m'ayant confirmé que la moto est réparée, je repars donc en avion à Bergen ce Mercredi 13, pour la suite de mon épopée... L'assurance ayant préféré me payer le voyage Paris-Bergen plutôt que de faire rappatrier la moto (en vrai, ça m'arrange car j'ai bien envie de reprendre la route !). La météo a dit : pluie en Norvège et en Allemagne les prochains jours... Et a changé totalement d'avis le jour prochain, pour mon plus grand bonheur ! :)

Arrivé à 17h10, le garage a attendu un peu avant de fermer (ils sont censés fermer à 17h00...) afin que je récupère la moto le soir même . Je suis content de revoir ma chérie (je parle de la moto, pas du garagiste) et d'entendre son doux ronronnement, néanmoins je ne l'essaie pas de suite, pensant réserver ce plaisir pour le lendemain (de plus après 4 jours au salon de la musique, j'étais crevé... C'était trop dangereux d'essayer la moto dans ces conditions !).

Après un dîner au pays des Blondes aux yeux clairs et un tour dans ces rues que je connais à présent trop bien, comme une ville dans laquelle j'aurais habité par le passé, je bois un verre assis à une terrasse, en face du marché au poissons... Où se trouvent des dizaines de motos, comme chaque jour lorsque le marché est fini... Certaines motos passent devant moi avec un rugissement à la limite de la provocation... La fatigue est teintée d'une envie, celle de réessayer ce soir. Quelques minutes, juste pour savoir si je suis "encore capable" de la conduire avant de repartir le lendemain à l'aventeure... oui, non, j'hésite, et me dirige finalement vers Elle...

Moment d'appréhension mais de plaisir, je la démarre, ma fatigue s'évanouit comme à chaque fois que j'enfourche ma belle. Départ au ralenti dans les rues de Bergen... J'ai perdu l'habitude de la direction de la ZZR en quelques semaines de scooter mais je m'y remets... Au ralenti. Je penche au minimum dans les virages, pas fier de moi. Le pneu arrière est toujours neuf (il avait été changé) donc il glisse, et je n'ai aucune envie de prendre le moindre risque.

Mon premier tour de "circuit" se passe bien, je décide de le refaire mais un peu plus grand. Pas de bol, ça m'emmene dans un tunnel, et je constate avec fureur que... Le phare ne fonctionne pas ! Quel est ce garagiste qui ne prend pas la peine de faire les vérifications minimales avant de me fournir la bécane ? C'est une honte ! Je reviens à mon hotel en me disant que demain matin, si je le peux, je leur demanderai de réparer le phare.

Et en attendant, je m'endors comme une grosse masse...

Par Philippe R
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Jeudi 14 septembre 2006

Mon premier jour de route s'annonce à merveille : il fait beau et sec, c'est parfait !

Je passe à 9h30 devant le garage et dérange sans gène les techniciens afin qu'ils corrigent le problème du phare (un mauvais contact sur le bouton suite à la chute), ce qu'ils font rapidement. Le boss me dit de l'appeler lorsque je serai sur Paris... Il faudrait arrêter de s'inquiéter !!! Tout le monde peut glisser sur une peau de bananne, ce qui ne veut pas dire qu'on ne sait pas marcher... Hein tonton Arnaud, papy Gregory et frero Nicolas ? Je suis grand, je vous remercie, et à force de vaincre sans péril on finit par triompher sans gloire. La conduite en moto est à risque calculé, comme tout ce qu'on fait dans la vie. Voilà, c'était mon coup de gueule ;)

Je démarre et commence à attaquer - en douceur - et là, paf, ça recommence, au dessus de 4000 tours par minute, ça patine ! (comme si je débrayais). Je suis déjà à 30 minutes de Bergen et me dis déjà que je n'arriverai jamais sur Paris. Mais pourquoi j'ai payé 4000 couronnes au garage ? Ils savent ce qu'ils font, oui ou non ? Bande de glandus...

Résultat des courses, "j'ai un régulateur automatique de vitesse" comme dirait quelqu'un dont je tairai le nom. Certes, mais pour doubler un camion dans ces conditions, c'est une analyse au plus juste, un accélération d'une précision chirurgicale, car je peux dépasser les 4000 tours en accélérant très en douceur... Donc, prise de recul par rapport au camion, je regarde au loin, j'ai beaucoup de marge, je prends mon élan en douceur, et j'arrive à dépasser le camion... Ce problème technique me pourrit la journée, je me dis qu'à tout moment ça pourra refaire comme lors de la seconde chute : ne plus fonctionner en plein milieu de nulle part.

Après une étape par un petit ferry, je me raisonne : aprèt tout, ça a l'air d'être stable, je vais conduire molo jusqu'à Kristiansand. Ma stratégie n'étant pas la vitesse, pour arriver à une heure décente à mon hotel à Kristiansand, j'opte pour des pauses minimales : sandwich le midi sur le ferry, pause essence, et c'est tout. Du coup, bonne surprise, j'arrive en avance, ce qui me permet de découvrir la ville que je n'avais pas pris le temps de voir à l'aller. Rien d'exceptionnel en ce mois de Septembre, mais le beau temps fait l'affaire.

 

Une église à Kristiansand

La mer entre Kristiansand et le Danemark

Par Philippe R
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